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LES RENCONTRES DU PARI DE LACAN À BORDEAUX
janvier 31 - 9 h 00 min - 13 h 00 min

Nos matinées de travail ont lieu à l’Alliance française, 126 rue de l’abbé de l’épée, 33000 Bordeaux .
Elles sont organisées par Séverine Chappuis, Isabelle Morin, Yamina Salem et Christian Cazeneuve.
Horaire : 10h-13h.
Calendrier : 31/01 ; 28/02 ; 28/03 ; 25/04 ; 13/06.
Deux temps de travail sont prévus :
L’enseignement :
La réponse de la psychanalyse au malaise dans la civilisation
Dans son ouvrage Malaise dans la civilisation, écrit juste après l’horreur économique de la crise de 1929, Freud fait résonner un théâtre de cruauté : le dualisme entre pulsion de vie et pulsion de mort. Freud s’attelle, en tant qu’analyste, à cette question. Rappelons qu’il exclut que la psychanalyse devienne une vision du monde. Aucune construction intellectuelle ne peut répondre au malaise du sujet dans son rapport au monde. Lacan, en suivant Freud, remet la psychanalyse sur ses rails après qu’elle ait dérivé vers une forme de psychologie adaptative. Nous pouvons maintenant lire Malaise dans la civilisation de Freud avec le séminaire de Lacan L’éthique. Les jalons posés par ce dernier sur la question du sujet, du désir, du symptôme, de la jouissance nous sont encore précieux.
Où en sommes-nous maintenant ?
Quel pas supplémentaire évitera à la psychanalyse de se figer dans un système de pensée, pour rester à la hauteur d’un possible recours pour les sujets qui s’adressent à elle ?
C’est ce que nous mettrons au travail cette année dans nos matinées du Pari de Lacan.
Dans notre premier temps de 10 à 11H30 ; l’Enseignement, nous accueillerons Hélène Seguin, psychanalyste à Auch qui interviendra sur notre thème, et nous propose avec le titre de son intervention :
« La psychanalyse n’est pas la solution … où se dissoudrait le réel », son argument :
« Freud, dans une lettre du 28/12/1914 à F. Van Eeden lui rappelle deux affirmations avancées par la psychanalyse et qui ont contribué à la rendre impopulaire, la première : « les impulsions primitives, sauvages et mauvaises de l’humanité n’ont disparu chez aucun individu, mais elles continuent au contraire à exister (…dans) l’inconscient » La seconde : « notre intellect est une chose débile et dépendante, jouet et instrument de nos penchants pulsionnels et de nos affects…). Nous vérifions chaque jour la justesse de ses propos. Notre époque privilégie la vitesse à tous les niveaux, au détriment de la pensée. La valorisation narcissique de l’image et de l’individu sur les réseaux sociaux capture le sujet et conduit à la constitution de foules éphémères éreintant, voire tuant le contradicteur. Comment répond la psychanalyse ? En me fondant sur des vignettes cliniques j’essayerai de montrer l’intérêt de la lenteur, à l’envers de la précipitation, soit du temps pour voir, du temps pour comprendre et du temps pour conclure »
Quartier libre :
L’inconscient n’est pas une notion, qu’il soit une clé ça se juge à l’expérience ». Ce quartier libre est en référence au documentaire “Quartier Lacan”, il peut nous servir de boussole pour faire se rencontrer des champs différents. C’est un espace libre, à la manière de l’association libre, où l’occasion est donnée, à chacun, chacune de venir nous parler, d’un travail, d’un livre, d’un article, d’un film, d’une une œuvre, d’un artiste…qui résonne avec l’expérience de la psychanalyse.
Dans notre deuxième temps ; Quartier Libre de 11H30 à 13H, nous accueillerons et échangerons avec Daniel Bartoli, psychiatre, psychanalyste à l’Ecole freudienne de Paris qui vient nous parler de son livre en forme de conte psychanalytique : « ils sont venus pour manger deux petits… » Les Editions de l’insu /en extention,2025, Paris.
Ça démarre comme ça, des titres : Capitale, Maison, Train… signifiants d’abord porteurs de souvenirs puis se transforment en tableaux. Tableaux cliniques exposés comme des lieux et moments fondateurs qui vont venir encadrer la dramaturgie du conte : récits imaginaires faisant la part belle au « bouche à oreille » de la tradition orale de l’Afrique, ici du Sénégal.
Un enfant surgit alors, nous entrons dans le vif du souvenir. C’est donc un essai sur le souvenir écran, l’écran du souvenir, le souvenir qui fait écran ; concept clé de la psychanalyse. Puis un évènement amène quelque chose de décisif, « coup de tonnerre » nous dit l’auteur. Des mots, une phrase va alors venir faire ritournelle annonciatrice. Le son vient alors encadrer l’image pour soutenir le secret et taire le coup de tonnerre… « ils sont venus… » se déplie alors le conte.
« Alliance du visuel et de l’acoustique, pouvoir occulte et occultant du souvenir écran » nous dit l’auteur. La mère s’associe alors au souvenir et le nœud du dévoilement s’annonce. Alors la psychanalyse entre en jeu comme pivot du dévoilement. Il s’agit d’opérer ce dévoilement sur le mensonge de l’enfance, c’est la face cachée que la psychanalyse dénoue. La psychanalyse intervient dans la vie du sujet comme puissance subversive face au ronronnement administratif que l’auteur décrit dans son environnement.
C’est une autre puissance pouvant se confronter à l’insu, puissance qui s’affronte à l’environnement décrit : puissance médicale et coloniale. L’auteur nous montre comment les éléments de sa psychanalyse dévoile la vérité de la parole, comment elle déroute le sujet, pour le sortir des sentiers battus, et devenir créatrice. Le souvenir, une fois libéré, « est acté », c’est ce qu’il appelle sa métamorphose.
